Bâtiments de la prison de Fleury-Mérogis vus de l’extérieur, derrière des arbres, en 2016.
Vue extérieure de la prison de Fleury-Mérogis, photographiée le 21 mai 2016. Photographie de contexte postérieure à la tentative d’évasion de Bruno Sulak en mars 1985 ; elle ne montre aucune scène du crime ni cette tentative.Photo : Thomon / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 · Source · CC BY-SA 4.0. Photographie conservée en entier, redimensionnée et convertie en WebP ; même licence, sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Bruno Sulak, braquages et évasions

CRIMES IMPOSSIBLES

Albi · Paris · Cannes · Fleury-Mérogis

1978–1987

Mort en 1985 · complices d’évasion condamnés en 1987

Albi, 14 octobre 1978. Deux hommes armés braquent un supermarché Mammouth. Bruno Sulak est l’un d’eux. Les attaques de commerces, puis de bijouteries, et plusieurs évasions font de lui une figure du banditisme des années 1980. Condamné à neuf ans de réclusion en 1984 pour les faits d’Albi, il meurt à l’hôpital le 29 mars 1985, après une nouvelle tentative d’évasion à Fleury-Mérogis. Son parcours est documenté ; les circonstances de la chute mortelle ont, en revanche, été contestées par ses proches.

L’affaire en 30 secondes

Les faits
Des vols à main armée et plusieurs fuites, de la prison d’Albi à une tentative à Fleury-Mérogis.
La justice
Neuf ans de réclusion en mars 1984 pour le braquage d’Albi ; deux agents pénitentiaires condamnés en 1987.
La question restante
Distinguer les faits établis des récits héroïsants et des accusations sur sa mort.

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1. Un braquage de supermarché

Le 14 octobre 1978, Sulak et un complice entrent à visage découvert dans un supermarché Mammouth d’Albi. Ils imposent aux employées de leur remettre de l’argent, sous la menace de leurs armes. Les récits chiffrent le vol autour de 293 000 francs. L’absence de coups de feu, souvent mise en avant ensuite, ne signifie pas que les personnes présentes aient librement accepté de livrer la recette. [1]

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2. La construction du bandit séduisant

Les attaques se poursuivent dans les commerces et donnent naissance à une réputation de braqueur courtois. Ce portrait est entretenu par des souvenirs policiers et des récits littéraires. Il faut en distinguer la réalité pénale : le vol à main armée repose sur une menace. Le caractère spectaculaire d’une fuite ou l’aisance d’un protagoniste devant ses interlocuteurs n’effacent pas la contrainte subie par ceux qui travaillent dans les établissements attaqués. [1] [9]

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3. Une première évasion à Albi

Le 24 juin 1980, Sulak s’évade de la prison d’Albi. Cet épisode ouvre une période durant laquelle sa recherche ne concerne plus seulement les braquages qui lui sont attribués. Sa capacité à quitter la détention devient un sujet en elle-même. La rétrospective du Parisien replace cette fuite avant son arrestation parisienne de 1982 : les évasions successives ne doivent pas être confondues avec la dernière tentative, survenue cinq ans plus tard. [3]

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4. L’arrestation du 25 janvier 1982

Georges Moréas, alors policier à l’Office central de répression du banditisme, situe l’arrestation de Sulak à Paris au 25 janvier 1982. Il décrit plusieurs mois de recherches. Son témoignage constitue celui d’un acteur de l’enquête, publié longtemps après les faits. Il renseigne sur le travail policier, sans remplacer les pièces de procédure auxquelles cette fiche n’a pas accès. [2] [3]

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5. La fuite pendant un transfert

En juillet 1982, Sulak s’échappe pendant un transfert ferroviaire entre Montpellier et Lyon, avec l’intervention de complices armés. Cette nouvelle fuite précède la série d’attaques de bijouteries qui accroît sa notoriété. [2] [7]

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6. Les attaques de bijouteries de 1983

En 1983, les vols visent notamment des bijouteries à Paris et à Cannes. Le 27 janvier, chez Cartier, avenue Montaigne, des employées sont menottées et un client est immobilisé, selon la reconstitution du Parisien. Cette scène nuance fortement la formule d’un voleur sans violence : même sans blessure par balle, des personnes sont privées de liberté. Le changement de cible marque aussi le passage des recettes de magasins à des biens de grande valeur. [4] [5]

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7. Le policier et les appels du fugitif

Moréas a raconté les conversations téléphoniques par lesquelles Sulak cherchait à entretenir une relation singulière avec celui qui le poursuivait. Ces souvenirs ont largement contribué au portrait public du braqueur. Ils doivent rester attribués à leur auteur. Un échange familier ou provocateur avec un policier n’implique ni accord secret ni disparition des poursuites ; il appartient aussi à la manière dont un fugitif met en scène sa propre histoire. [2] [9]

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8. Une nouvelle arrestation au début de 1984

Après un séjour au Brésil, Sulak revient en Europe. Il est arrêté à Hendaye au début de 1984 alors qu’il utilise de faux papiers, selon le récit de Moréas. Cette arrestation met fin à une nouvelle période de fuite et permet sa comparution dans une affaire antérieure. Les faits jugés à Albi ne sont donc pas les seuls épisodes déjà associés à son nom dans les journaux, mais ils constituent le dossier précis soumis aux assises en mars. [2] [10]

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9. Neuf ans pour le braquage d’Albi

Le 21 mars 1984, la cour d’assises du Tarn condamne Sulak à neuf ans de réclusion pour l’attaque du supermarché Mammouth. Le procès s’était ouvert la veille. Il faut rattacher cette peine au vol de 1978 : elle ne résume pas un jugement global sur toutes les bijouteries attaquées ou sur l’ensemble de ses fuites. [5]

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10. La tentative de Fleury-Mérogis

Dans la nuit du 17 au 18 mars 1985, Sulak tente de s’évader de Fleury-Mérogis, avec l’aide de deux membres du personnel pénitentiaire. Il est grièvement blessé après une chute depuis un bâtiment de l’établissement. L’enquête met en cause le sous-directeur Thierry Sniter et le surveillant Marc Metge pour l’aide apportée à la fuite. Le lieu est bien Fleury-Mérogis, dans l’Essonne, et non la prison de Fresnes. [6] [8]

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11. La mort et les contestations des proches

Sulak meurt le 29 mars 1985 à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, après son hospitalisation consécutive à la chute. Dès cette période, sa famille conteste les circonstances de ses blessures et engage des démarches judiciaires. Le compte rendu du Monde mentionne les plaintes déposées par ses proches. Ces contestations font partie de l’histoire du dossier ; elles ne permettent pas d’affirmer qu’un homicide volontaire aurait été judiciairement établi. [7]

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12. Le procès des deux agents en 1987

Le 31 mars 1987, les assises de l’Essonne condamnent Thierry Sniter à huit ans de réclusion et Marc Metge à sept ans pour leur participation à la tentative d’évasion. Ce jugement porte sur leur concours à la fuite. Il ne s’agit pas d’une condamnation pour avoir tué Sulak. Cette distinction évite de transformer le procès des complicités pénitentiaires en réponse judiciaire à toutes les accusations formulées autour de sa mort. [8]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Sulak a commis des braquages, connu plusieurs arrestations et réussi des évasions. Sa condamnation à neuf ans pour Albi date du 21 mars 1984. Sa mort suit la tentative de Fleury-Mérogis de mars 1985. Les deux agents poursuivis pour avoir facilité cette tentative ont été condamnés en 1987.

Incertain ou non établi

Les récits de sa mort comportent des versions concurrentes, notamment celles de ses proches. Les sources retenues ne permettent pas de présenter un assassinat comme établi. Les surnoms flatteurs et les dialogues reconstruits dans la fiction ne sont pas utilisés comme des preuves de sa personnalité ou de ses actes.

Les dates clés

  1. 14 octobre 1978 — Braquage du Mammouth d’Albi.
  2. 24 juin 1980 — Évasion de la prison d’Albi.
  3. 25 janvier 1982 — Arrestation à Paris.
  4. Juillet 1982 — Évasion pendant un transfert en train.
  5. 1983 — Attaques de bijouteries, notamment à Paris et Cannes.
  6. 21 mars 1984 — Condamnation à neuf ans de réclusion.
  7. 17–18 mars 1985 — Tentative d’évasion à Fleury-Mérogis.
  8. 29 mars 1985 — Mort à la Pitié-Salpêtrière.
  9. 31 mars 1987 — Condamnation des deux agents pénitentiaires.

Les lieux de l’affaire

Albi est à la fois le lieu du braquage de 1978, d’une évasion et du procès de 1984. Paris et Cannes figurent parmi les villes des attaques de bijouteries. Hendaye marque l’arrestation du début de 1984. Fleury-Mérogis est le lieu de la dernière tentative ; l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière est celui du décès.

Ce qui rend cette affaire singulière

Le dossier juxtapose une réputation de voleur sans sang versé et des braquages qui ont imposé une menace réelle aux victimes. Son autre particularité réside dans la complicité d’agents de la prison lors de la dernière tentative. Les récits du policier qui l’a poursuivi éclairent cette histoire, à condition de conserver leur statut de témoignages.

Sources et méthode

Les comptes rendus des procès de 1984 et 1987 sont rapprochés des archives de mars 1985, des entretiens de Georges Moréas et des rétrospectives du Parisien et de RTL. La chronologie de la dernière tentative suit le compte rendu du procès de 1987. Aucun dialogue de film ni scène imaginée n’est repris. Les contestations familiales sont mentionnées sans conclure à un crime démontré. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.

  1. RTL, 2022 — Bruno Sulak : entretiens et récit du braquage d’Albi
  2. Georges Moréas, 17 avril 2007 — Souvenirs de police judiciaire, Bruno Sulak
  3. Le Parisien, Crime Story — Bruno Sulak, serial braqueur, partie 1
  4. Le Parisien, Crime Story, 25 octobre 2025 — Bruno Sulak, partie 2
  5. Le Monde, 22 mars 1984 — Les rires rentrés de Bruno Sulak : verdict d’Albi
  6. Le Monde, 20 mars 1985 — Deux agents avouent leur complicité dans la tentative d’évasion
  7. Le Monde, 30 mars 1985 — Bruno Sulak est mort
  8. Le Monde, 2 avril 1987 — Huit et sept ans de réclusion pour les complices de l’évasion
  9. RTL, 2024 — Le témoignage de Georges Moréas sur Sulak
  10. Georges Moréas, 25 octobre 2024 — De Sulak à Libre