
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Bruno Cholet, meurtre de Susanna Zetterberg
CRIMES IMPOSSIBLESParis · Chantilly · Melun
2008–2021
Perpétuité confirmée en appel en 2014 · Décès en 2021
Paris, 19 avril 2008. Susanna Zetterberg quitte une discothèque dans une voiture qu’elle prend pour un taxi. Quelques heures plus tard, cette étudiante suédoise de dix-neuf ans est retrouvée morte dans la forêt de Chantilly. Les retraits effectués avec sa carte, la surveillance d’un chauffeur clandestin et des traces génétiques orientent l’enquête vers Bruno Cholet. Condamné en 2012, il reçoit de nouveau la réclusion criminelle à perpétuité en appel, le 22 mai 2014, avec vingt-deux ans de sûreté. Il nie le crime jusqu’à sa mort en 2021. Le verdict établit sa culpabilité ; le déroulement complet du dernier trajet reste hors d’atteinte.
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Susanna Zetterberg disparaît après une sortie à Paris ; son corps est découvert le 19 avril 2008 dans l’Oise.
- La justice
- Bruno Cholet est condamné à perpétuité en 2012 puis en appel en 2014, avec vingt-deux ans de sûreté.
- La question restante
- Les traces identifient un responsable, sans restituer chaque étape du trajet ni expliquer toutes les inscriptions retrouvées.
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1. Une étudiante quitte la Scala
Susanna Zetterberg suit des cours de français à la Sorbonne et habite dans le nord de Paris. Dans la nuit du 18 au 19 avril 2008, elle sort à la Scala, rue de Rivoli. Vers 4 h 45, elle repart seule dans une voiture présentée comme un taxi. Aucun récit direct de ce trajet ne parvient ensuite à la justice. [1]
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2. Les derniers contacts téléphoniques
À 5 h 02, une amie échange avec Susanna au téléphone. Selon ce témoignage, la jeune femme trouve le comportement du conducteur inhabituel. Un rappel à 5 h 13 reste sans réponse. Ces horaires donnent des points d’appui à l’enquête, mais pas un enregistrement continu des événements. Les propos rapportés par l’amie demeurent un témoignage : ils ne doivent pas devenir un dialogue reconstitué entre Susanna et son chauffeur. [1]
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3. La découverte dans l’Oise
Le 19 avril, vers le milieu de la journée, une promeneuse découvre le corps de Susanna en forêt de Chantilly, dans le secteur d’Avilly-Saint-Léonard. L’enquête porte désormais sur un homicide. La forêt constitue un point certain du dossier ; cela ne suffit pas à situer toutes les violences ni à fixer l’itinéraire exact de la voiture depuis la rue de Rivoli. [2] [5]
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4. La carte bancaire laisse une piste
La carte de Susanna est utilisée le matin de sa mort pour des retraits de cent puis de deux cents euros. Les opérations dirigent les enquêteurs vers des distributeurs de l’Oise et du Val-d’Oise. À Senlis, des images de vidéosurveillance deviennent un élément de comparaison. L’utilisation de la carte rapproche les policiers d’un suspect, sans suffire à elle seule à démontrer les circonstances du meurtre. [2] [5]
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5. Un conducteur déjà connu des policiers
Les recherches font apparaître Bruno Cholet, déjà repéré pour l’exercice illégal de la profession de taxi. Le fait qu’il transporte des clients sans autorisation le place dans le champ des vérifications ; il ne prouve pas, isolément, qu’il a pris Susanna à bord. La police spécialisée connaît les pratiques des chauffeurs clandestins, notamment autour des lieux de sortie. [2] [9]
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6. Une surveillance suivie d’une arrestation
Le 25 avril, six jours après le crime, les policiers interpellent Cholet. Ils décrivent notamment une surveillance dans le bois de Boulogne, où ils l’observent pendant quarante et une minutes. Selon leur compte rendu, il récupère un sac dissimulé. L’intéressé conteste cette version et réduit fortement la durée de son arrêt. Cette divergence devient un sujet du procès : l’origine du sac et les conditions de sa découverte comptent autant que son contenu dans la discussion des preuves. [2] [3]
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7. L’arme et les rapprochements génétiques
Une arme est retrouvée dans le matériel saisi. Les comptes rendus judiciaires font état de traces génétiques de Cholet et de Susanna sur cette pièce. Pour l’accusation, ce rapprochement relie le suspect à la victime par un objet central du crime. La défense soutient au contraire que les policiers ont construit un dossier contre leur client. Le débat ne porte donc pas seulement sur l’identité donnée par les analyses, mais aussi sur la provenance des objets et sur la crédibilité de l’enquête qui les produit. [1] [8]
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8. Une inscription aux lectures contradictoires
Sur le sac figure « SUSANA377 ». Au procès de 2012, deux expertes en écriture ne tirent pas la même conclusion : l’une juge probable l’intervention de Cholet, l’autre considère les éléments insuffisants pour attribuer l’inscription. Les enquêteurs envisagent un lien entre le nombre et un repère de distance dans le bois. Cette interprétation reste une hypothèse. L’inscription ne permet ni de compter d’autres victimes ni de transformer un signe inexpliqué en aveu codé. [3]
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9. Le premier procès confronte les versions
Les audiences commencent le 4 septembre 2012 devant la cour d’assises de Paris. Cholet nie avoir tué Susanna. Ses avocats contestent les investigations et dénoncent le poids de son passé judiciaire dans le regard porté sur lui. Pour l’accusation, les indices doivent être examinés ensemble : trajets, opérations bancaires, objets et analyses. Le procès oppose ainsi une contestation globale de la fiabilité du dossier à un ensemble de rapprochements que le ministère public estime convergents. [1] [4]
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10. Une première condamnation à perpétuité
Le 14 septembre 2012, la cour d’assises de Paris condamne Bruno Cholet à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans. La défense annonce un appel. [4]
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11. Une autre passagère témoigne en appel
L’appel s’ouvre le 13 mai 2014 à Melun. Le 19 mai, Héléna Perez relate un trajet effectué avec Cholet en février 2008, avant la mort de Susanna. Elle décrit une course anormalement longue, sans compteur, et des portes verrouillées ; elle finit par descendre à Vincennes. Cholet conteste l’interprétation de plusieurs détails. Ce témoignage concerne une autre course et une femme qui en revient vivante. Il éclaire un comportement allégué, sans raconter à la place de Susanna ce qu’elle subit en avril. [5] [6]
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12. La confirmation et les limites du récit
Le 22 mai 2014, après environ cinq heures de délibération, la cour d’assises de Seine-et-Marne confirme la perpétuité et les vingt-deux ans de sûreté. Cholet continue de nier. RTL rapporte sa mort à l’hôpital en 2021. Les sources consultées ne donnent pas accès à une décision de cassation permettant de détailler un éventuel recours ultérieur. L’issue connue reste la condamnation en appel. L’absence d’aveu laisse des questions de déroulement, sans effacer la décision judiciaire. [7] [8]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Les dates clés
- 19 avril 2008 Départ de Paris et découverte du corps dans la forêt de Chantilly. [1] [5]
- 25 avril 2008 Interpellation de Bruno Cholet. [2]
- 14 septembre 2012 Perpétuité prononcée à Paris ; la défense fait appel. [4]
- 22 mai 2014 Peine confirmée par les assises de Seine-et-Marne. [7]
- 2021 Mort de Cholet à l’hôpital, selon RTL. [8]
Les lieux de l’affaire
La rue de Rivoli situe la dernière sortie connue. Senlis est un lieu d’utilisation de la carte bancaire. La forêt de Chantilly est le lieu de découverte du corps. Le bois de Boulogne intervient dans la surveillance policière. Paris puis Melun accueillent les deux procès : ces lieux ont des fonctions distinctes dans l’enquête. [1] [3] [5] [7]
Ce qui rend cette affaire singulière
L’affaire assemble plusieurs traces ordinaires : un appel, un retrait, une image et un déplacement surveillé. Aucune ne restitue seule la nuit entière. Leur rapprochement aboutit à une condamnation, tandis qu’un détail très médiatisé, l’inscription du sac, conserve une part d’incertitude. [1] [3] [7]
Sources et méthode
Les comptes rendus contemporains des procès sont recoupés avec la rétrospective de RTL. La date du premier verdict est fixée au 14 septembre 2012 et celle de l’appel au 22 mai 2014 ; les récits rétrospectifs qui les confondent ne sont pas suivis. Le texte distingue les constatations, les témoignages et les accusations de la défense. Les pièces intégrales et un éventuel arrêt de cassation ne sont pas disponibles dans ce corpus. Vérification documentaire : 29 septembre 2026.
- Le Parisien, 4 septembre 2012 — L’étudiante suédoise était montée dans le taxi du tueur
- La Dépêche, 3 septembre 2012 — Paris : le procès du chauffeur de taxi récidiviste
- Le Point / AFP, 11 septembre 2012 — L’inscription « Susana 377 » ne livre pas ses secrets
- Le Parisien, 14 septembre 2012 — Le faux taxi Bruno Cholet condamné à perpétuité
- Le Parisien, 13 mai 2014 — Meurtre de l’étudiante suédoise : le faux taxi rejugé en appel
- Le Parisien, 19 mai 2014 — Le témoignage d’une autre cliente au procès en appel
- Le Parisien / AFP, 22 mai 2014 — La perpétuité confirmée en appel
- RTL, 2024 — Qui était ce faux taxi condamné pour le meurtre d’une étudiante suédoise ?
- Le Monde, 14 septembre 2012 — À Paris, les « boers » font la chasse aux faux taxis