Photographie ancienne de la ferme de Belle Gunness, avec bâtiments agricoles, verger et chevaux, datée de 1908.
La ferme de Belle Gunness, dans le comté de La Porte (Indiana), sur une carte postale photographique datée de 1908. Collection Steven R. Shook ; photographie attribuée à Vandercook Photo Company.Photo : Vandercook Photo Company / collection Steven R. Shook — Wikimedia Commons — CC BY 2.0. · Source · CC BY 2.0. Photographie redimensionnée et convertie en WebP, conservée en entier et sous la même licence.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Belle Gunness, crimes et disparition

CRIMES IMPOSSIBLES

Chicago · La Porte · McClung Road · Michigan City

Installation en 1901 · incendie et procès en 1908 · récits postérieurs discutés

Gunness jamais jugée · Lamphere condamné pour incendie en 1908, non pour meurtre · sort de Gunness discuté

La Porte, Indiana, 28 avril 1908. Un incendie détruit la maison de Belle Gunness. Les restes de trois enfants et d’une femme sont découverts dans les ruines. Les recherches suscitées par la disparition d’Andrew Helgelien révèlent ensuite plusieurs sépultures sur la ferme. Ray Lamphere, ancien employé, est condamné pour incendie volontaire, mais pas pour meurtre. Gunness ne comparaît jamais devant un tribunal. Le dossier laisse deux questions majeures : combien de personnes sont réellement tuées, et la propriétaire meurt-elle dans l’incendie ou parvient-elle à s’enfuir ?

L’affaire en 30 secondes

Les faits
Un incendie, puis des fouilles, révèlent plusieurs morts et font rechercher des visiteurs disparus.
La justice
En novembre 1908, Ray Lamphere est reconnu coupable d’incendie volontaire, mais pas de meurtre.
La question restante
L’identité de la femme retrouvée dans la maison et le bilan total restent discutés.

01 / 12

1. De Chicago à une ferme de l’Indiana

Venue de Norvège, Belle Gunness s’établit d’abord à Chicago, puis achète une ferme à La Porte en 1901. Elle épouse Peter Gunness en 1902. Sa mort, comme celle d’un précédent mari, attire rétrospectivement les soupçons lorsque les découvertes de 1908 deviennent publiques. Ces épisodes antérieurs ne donnent pas lieu à une condamnation de Belle : il faut distinguer les décès documentés des interprétations criminelles formulées après coup. [1] [2]

02 / 12

2. Les annonces et les visiteurs

Des annonces dans la presse de langue norvégienne recherchent un homme susceptible de partager la vie et l’exploitation de la propriétaire. Des correspondances conduisent des candidats jusqu’à La Porte. Plusieurs disparaissent ensuite. Les lettres constituent des traces concrètes de ces relations, mais elles ne fournissent pas une liste exhaustive de victimes. [1] [2]

03 / 12

3. Andrew Helgelien ne revient pas

Andrew Helgelien vient du Dakota du Sud au début de 1908. Des échanges avec Belle et un mouvement d’argent vers une banque de La Porte sont rapportés par les sources historiques. Son frère Asle cherche à comprendre son absence. Il écrit et interroge, sans se satisfaire de l’explication d’un départ. [1] [3]

04 / 12

4. Le conflit avec Ray Lamphere

Lamphere travaille pour Gunness avant d’être renvoyé en février 1908. Le conflit entre eux attire rapidement l’attention après le sinistre. La presse relate des accusations et des soupçons, parfois comme s’ils formaient déjà une explication certaine. Or le mobile supposé ne prouve pas l’incendie ni les meurtres. [1] [3]

05 / 12

5. Le feu du 28 avril 1908

Dans la nuit du 28 avril, la maison brûle. Un employé parvient à sortir et alerte. Les recherches dans les décombres révèlent les restes de trois enfants et d’une femme adulte. Les premiers journaux présentent Gunness comme morte avec les enfants. Elle précède la découverte des sépultures dans le terrain, qui transforme profondément la manière dont l’affaire est racontée. [2] [3]

06 / 12

6. Les fouilles changent la nature de l’affaire

Asle Helgelien arrive à La Porte pour chercher son frère. Les recherches dans le sol mettent au jour un corps identifié comme celui d’Andrew, puis d’autres dépouilles. Les autorités poursuivent les excavations. Les articles de mai 1908 publient des bilans successifs et des identifications encore discutées. Leurs nombres ne doivent pas être additionnés : ils décrivent souvent les mêmes découvertes à des moments différents, avec des erreurs et des rectifications. [1] [3]

07 / 12

7. Identifier les personnes retrouvées

Les familles se déplacent, communiquent des descriptions et reconnaissent des effets ou des caractéristiques physiques. Jennie Olsen figure parmi les personnes recherchées puis associées aux découvertes. Les journaux ne donnent pas toujours les mêmes graphies, âges ou certitudes. Les comptes rendus d’examen conservés par le musée local distinguent aussi des personnes non identifiées. [1] [3]

08 / 12

8. Qui est la femme retrouvée dans la maison ?

L’identité de l’adulte découverte après l’incendie devient un point central. Les autorités défendent son attribution à Gunness ; des examens dentaires et des témoignages médicaux sont invoqués. D’autres observations alimentent le doute. Cette controverse se retrouve jusque dans l’argumentation du procès. Une disparition organisée reste une hypothèse, pas une fuite démontrée. [3] [4]

09 / 12

9. Les accusations arrivent devant la justice

En mai 1908, la presse rapporte que le grand jury met également Gunness en accusation pour la mort d’Andrew Helgelien, alors même que le coroner la déclare morte. Cette démarche accompagne les poursuites visant Lamphere. Elle ne constitue pas un jugement rendu contre elle. En novembre, le procès de l’ancien employé oblige surtout à discuter les causes de l’incendie, les horaires, l’identité des personnes décédées et les preuves que l’accusation peut produire. [3] [4]

10 / 12

10. Un verdict pour incendie, non pour meurtre

Le 26 novembre 1908, le jury reconnaît Lamphere coupable d’incendie volontaire. Il n’est pas reconnu coupable des meurtres poursuivis. Le juge prononce une peine indéterminée de deux à vingt et un ans. Les articles annoncent des intentions de recours ; une intention ne vaut pas décision d’appel. Ce résultat limite ce que le dossier permet d’affirmer judiciairement : il ne démontre ni que Gunness survit, ni que Lamphere tue les occupants de la maison. [2] [3]

11 / 12

11. Des aveux rapportés après la mort de Lamphere

Lamphere meurt en prison à la fin de 1909. Au début de 1910, des journaux publient des confidences qui lui sont attribuées, avec des récits différents sur Gunness et l’incendie. Leur transmission est elle-même discutée. Ces déclarations tardivement rapportées ne sont pas une nouvelle déposition contradictoirement examinée devant un jury. Elles expliquent la persistance de certaines versions, mais ne doivent pas servir à raconter une scène certaine que les sources ne permettent pas de reconstituer. [3]

12 / 12

12. Des signalements aux analyses ADN

Dès 1908, des signalements attribuent à Gunness une présence dans plusieurs États et au Mexique ; plusieurs pistes sont démenties. En 2007, une équipe universitaire exhume les restes qui lui sont attribués. Le reportage d’Indiana Public Media publié en avril 2026 indique que les analyses ADN restent non concluantes. Une exhumation n’est donc pas une identification réussie : aucune preuve consultée ne permet d’affirmer sa survie ou de résoudre définitivement l’identité du corps. [3] [6] [7]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Établi

La maison brûle le 28 avril 1908. Quatre personnes sont retrouvées dans les ruines et d’autres corps sur la ferme. Les recherches relient plusieurs disparitions au lieu. Lamphere est condamné pour incendie volontaire en novembre. Belle Gunness n’est pas jugée : les accusations et les conclusions historiques ne sont pas une condamnation pénale. [2] [3]

Incertain ou non établi

Le bilan exact, certaines identifications et le sort de Gunness restent discutés. Les nombres élevés souvent cités englobent des soupçons. Les récits de fuite, les signalements et les aveux attribués à Lamphere doivent conserver leur statut de déclarations à contrôler. Ils ne constituent pas la preuve d’une survie après avril 1908. [1] [3] [4]

Les dates clés

  1. 1901 Installation de Belle à La Porte. [1]
  2. Début 1908 Venue puis disparition d’Andrew Helgelien. [1] [3]
  3. 28 avril 1908 Incendie de la maison. [2]
  4. Mai 1908 Fouilles et découverte de sépultures. [2] [3]
  5. 26 novembre 1908 Lamphere condamné pour incendie volontaire. [2] [3]
  6. Fin 1909–1910 Mort de Lamphere et publication de confidences contestées. [3]

Les lieux de l’affaire

Chicago est le point d’installation américain avant La Porte. La ferme de McClung Road concentre les découvertes de 1908. Le palais de justice du comté accueille le procès de Lamphere. La prison de Michigan City est le lieu de sa détention. [1] [3]

Ce qui rend cette affaire singulière

Le feu fait d’abord apparaître la propriétaire comme une victime, puis les recherches sur ses terres la placent au centre des soupçons. Le procès se déroule sans qu’elle puisse être interrogée. Les incertitudes sur un corps influencent ainsi toute l’interprétation de l’affaire, tandis que la presse diffuse simultanément preuves, rumeurs et corrections. [2] [3] [4]

Sources et méthode

Le reportage d’avril 2026 et le communiqué universitaire sont aussi consultés pour le suivi des analyses. Les notices du musée de La Porte et de la Library of Congress sont confrontées aux articles de 1908–1910 transcrits dans Genealogy Trails. La presse d’époque est utilisée comme trace des annonces et débats, non comme preuve automatique de tous ses récits. Les bilans divergents ne sont pas fusionnés. Aucun arrêt ultérieur modifiant le verdict de Lamphere ni résolution certaine du sort de Gunness n’a été repéré dans les sources consultées. Les archives complètes du procès et les analyses biologiques originales n’ont pas été consultées. Vérification documentaire : 30 septembre 2026.

  1. La Porte County Historical Society Museum — Belle Gunness, synthèse de Bruce R. Johnson et fonds d’archives
  2. Library of Congress — Belle Gunness Murder Farm, guide de recherche et chronologie
  3. Genealogy Trails — Belle’s News, transcriptions de presse de 1908–1910, dont le verdict du 26 novembre 1908
  4. La Porte County Historical Society Museum — The Man Who Killed Belle Gunness, présentation des recherches du juge William Boklund, 2019
  5. La Porte County Historical Society Museum — recherches dans les pièces judiciaires, programme du 17 octobre 2023
  6. Indiana Public Media / Journey Indiana — retour sur la ferme et les analyses ADN, 28 avril 2026
  7. University of Indianapolis / Newswise — communiqué sur l’exhumation et les recherches d’Andrea Simmons