
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Antonio Ferrara, braquages et évasions
CRIMES IMPOSSIBLESFresnes · Paris · Eupen · Bruxelles
1998–2026
Procès belge achevé · jugement attendu le 23 octobre 2026
Fresnes, 12 mars 2003. Un groupe armé attaque la prison et permet à Antonio Ferrara de s’évader. Repris à Paris quatre mois plus tard, il est jugé pour cette fuite et dans plusieurs dossiers de braquages. Son parcours comprend des condamnations, mais aussi des acquittements qu’il faut conserver dans le récit. Libéré en juillet 2022, il est de nouveau arrêté en Belgique en février 2025. En 2026, un nouveau procès examine sa participation présumée à un projet d’attaque en Allemagne. Les réquisitions ne constituent pas encore un jugement.
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Deux évasions, dont l’assaut armé de Fresnes en 2003, et plusieurs procédures pour braquages.
- La justice
- Douze ans en appel pour Fresnes en 2010 ; acquittement dans le dossier de Joinville en 2012.
- La question restante
- Le tribunal belge doit apprécier les accusations nouvelles, distinctes des condamnations françaises.
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1. Un parcours déjà judiciaire
Né en Italie et élevé en région parisienne, Antonio Ferrara entre dans les dossiers de la police au cours des années 1990. Les procédures se multiplient autour de vols à main armée et de violences. Son nom devient ensuite indissociable des évasions. Cette réputation ne permet pourtant pas de lui attribuer toutes les attaques examinées par les enquêteurs : certains dossiers aboutissent à des condamnations, d’autres à des acquittements. [1]
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2. Une première évasion en 1998
En août 1998, alors qu’il est détenu à Fleury-Mérogis, Ferrara s’évade à l’occasion d’un transfert à l’hôpital. Cette fuite précède de plusieurs années l’assaut de Fresnes. Il est repris en juillet 2002. Le 23 octobre 2003, la cour d’appel de Paris le condamne à cinq ans de prison pour l’évasion de 1998. [1] [2]
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3. L’assaut du 12 mars 2003
Dans la nuit du 11 au 12 mars 2003, des complices attaquent la prison de Fresnes avec des armes de guerre et des explosifs. Ferrara quitte l’établissement à la faveur de cette opération. Il vient d’être condamné, en janvier, à huit ans de réclusion par les assises de l’Essonne dans un dossier de braquage. La fuite mobilise de nouveaux enquêteurs et ouvre une procédure portant sur sa préparation, ses exécutants et les aides recherchées autour du détenu. [1] [3]
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4. Quatre mois de cavale
Le 10 juillet 2003, dans la soirée, des policiers de l’Office central de répression du banditisme, assistés de la brigade de répression du banditisme, arrêtent Ferrara à Paris. Il se trouve à la terrasse d’un bar du douzième arrondissement. Cette arrestation met fin à la cavale commencée à Fresnes. [3]
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5. Le premier procès de l’évasion
En 2008, Ferrara est condamné à dix-sept ans de réclusion pour son évasion de Fresnes. Le procès examine également les responsabilités de personnes soupçonnées de l’avoir aidé. Parmi elles figure son ancien avocat, Karim Achoui, condamné en première instance. Ce premier verdict n’est pas le dernier état du dossier : la procédure se poursuit en appel. [4]
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6. Les dossiers de fourgons de 2009
Le 9 avril 2009, Ferrara est acquitté en appel dans l’affaire du fourgon de la Brink’s attaqué à Gentilly à la fin de l’année 2000. Le 10 décembre suivant, il est également acquitté dans le dossier de l’attaque d’un fourgon à Toulouse, commise le 23 novembre 2001. Dans ces procédures, les accusations ne débouchent donc pas sur une culpabilité retenue contre lui. [5] [6]
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7. Douze ans en appel, un avocat acquitté
Le 22 octobre 2010, la cour d’assises de Paris ramène à douze ans la peine de Ferrara pour l’évasion de Fresnes. Karim Achoui est acquitté. Il serait donc faux de le présenter comme un complice reconnu coupable à l’issue de cette procédure. [4]
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8. L’acquittement de Joinville en 2012
Le 16 mai 2012, Ferrara est acquitté en appel du braquage de la poste de Joinville-le-Pont, commis le 28 juillet 1999. Il avait reçu quinze ans en première instance. Les débats montrent notamment qu’une ligne téléphonique et un casque portant plusieurs traces génétiques peuvent avoir été utilisés par différentes personnes. Le président de la cour explique que ces éléments laissent subsister un doute sur l’identité du second malfaiteur. Ce dossier ne peut plus être présenté comme une condamnation. [7]
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9. La sortie de prison du 8 juillet 2022
Ferrara quitte la prison de Réau le 8 juillet 2022, après avoir exécuté ses peines françaises, selon les informations publiées à sa libération. Cette sortie intervient dix-neuf ans après sa reprise de juillet 2003. Elle ne correspond pas à l’annulation de toutes les condamnations : plusieurs sanctions demeurent dans son histoire judiciaire, tandis que les acquittements concernent des dossiers précis. [1] [8]
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10. Une nouvelle arrestation en Belgique
Le 27 février 2025, Ferrara est interpellé à Eupen, près de la frontière allemande. L’opération s’inscrit dans une enquête française ouverte en novembre 2024, coordonnée avec les autorités belges. Les investigations portent sur la préparation présumée d’une attaque visant un centre-fort en Allemagne. L’accusation le présente comme l’un des organisateurs ; il conteste les faits. Sa notoriété et ses antécédents ne constituent pas une preuve suffisante de cette nouvelle participation. [9] [10]
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11. La procédure devant le tribunal de Bruxelles
Après environ huit mois de détention provisoire en Belgique, Ferrara est remis en liberté sous caution en novembre 2025. Il comparaît avec neuf autres prévenus devant le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles. Le 20 avril 2026, le procès est reporté au 26 mai, certaines pièces ayant été communiquées trop tardivement. Cette décision concerne la préparation des débats : elle ne tranche pas la culpabilité. La défense annonce qu’elle conteste les charges. [10]
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12. Un jugement attendu le 23 octobre 2026
Le 31 août 2026, le parquet de Bruxelles demande dix-huit ans d’emprisonnement contre Ferrara pour la tentative de vol avec violence visant le centre-fort de Bochum. Le ministère public expose sa lecture des déplacements et des éléments matériels recueillis avant les arrestations. Il s’agit de la position de l’accusation. Les débats se terminent le 24 septembre, selon BRF. Le jugement est annoncé pour le 23 octobre 2026. La peine demandée ne constitue donc pas encore une condamnation. [11] [12] [13]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
L’évasion de Fresnes date du 12 mars 2003 et sa condamnation en appel du 22 octobre 2010. Ferrara est acquitté dans plusieurs dossiers, dont Joinville en 2012. Sa libération française intervient le 8 juillet 2022. Son arrestation à Eupen et l’ouverture d’un procès en Belgique sont documentées.
Incertain ou non établi
La culpabilité dans la nouvelle affaire belge ne découle pas des condamnations anciennes. Les dix-huit ans requis en août 2026 ne sont pas un verdict. Après la clôture des débats du 24 septembre, le jugement est annoncé pour le 23 octobre 2026. Son contenu ne peut être anticipé.
Les dates clés
- Août 1998 — Première évasion lors d’un transfert à l’hôpital.
- Juillet 2002 — Arrestation après la première cavale.
- 12 mars 2003 — Évasion de Fresnes.
- 10 juillet 2003 — Arrestation à Paris.
- 2008 — Dix-sept ans en première instance pour Fresnes.
- Avril et décembre 2009 — Acquittements dans deux dossiers de fourgons.
- 22 octobre 2010 — Douze ans en appel pour l’évasion ; Achoui acquitté.
- 16 mai 2012 — Acquittement en appel pour Joinville.
- 8 juillet 2022 — Libération en France.
- 27 février 2025 — Arrestation à Eupen.
- 31 août 2026 — Dix-huit ans requis à Bruxelles.
- 24 septembre 2026 — Fin des débats ; jugement annoncé pour le 23 octobre.
Les lieux de l’affaire
Fleury-Mérogis et Fresnes correspondent aux deux périodes d’incarcération interrompues par une évasion. Paris est le lieu de l’arrestation de 2003 et de plusieurs procès. Réau est celui de la libération de 2022. Eupen, Bochum et Bruxelles relèvent du nouveau dossier transfrontalier, respectivement arrestation, cible alléguée et juridiction de jugement.
Ce qui rend cette affaire singulière
Ce dossier montre l’écart possible entre une réputation criminelle et l’issue de chaque procès. Une évasion spectaculaire peut fixer durablement une image publique, alors que des accusations de braquage échouent ensuite devant les jurés. L’affaire belge impose de nouveau de séparer antécédents établis et participation encore discutée.
Sources et méthode
Comptes rendus contemporains des verdicts, dépêches AFP et couverture des audiences belges sont recoupés. Les acquittements en appel remplacent les condamnations initiales dans les dossiers concernés. Les articles divergent sur certains chiffres globaux et sur l’hôpital de la première fuite : ces précisions ne sont pas retenues. Les réquisitions belges sont présentées comme telles, sans anticiper le jugement. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.
- RTL, 27 février 2025 — Parcours d’Antonio Ferrara et arrestation en Belgique
- Le Monde, 25 octobre 2003 — Cinq ans pour l’évasion de 1998
- Le Monde, 11 juillet 2003 — Arrestation de Ferrara à Paris
- AFP / La Dépêche, 22 octobre 2010 — Peine réduite en appel et Karim Achoui acquitté
- AFP / La Dépêche, 9 avril 2009 — Acquittement en appel dans l’affaire de Gentilly
- AFP / La Dépêche, 10 décembre 2009 — Acquittement pour l’attaque d’un fourgon à Toulouse
- AFP / La Dépêche, 16 mai 2012 — Acquittement pour la poste de Joinville
- TF1 Info, 8 juillet 2022 — Libération d’Antonio Ferrara
- Le Monde, 27 février 2025 — Arrestation à Eupen et communiqué du parquet de Paris
- AFP / Boursorama, 20 avril 2026 — Report du procès belge à fin mai
- BX1, 1er septembre 2026 — Dix-huit ans requis par le parquet de Bruxelles
- AFP / DNA, 31 août 2026 — Les réquisitions contre Ferrara
- BRF, 25 septembre 2026 — Débats terminés et jugement annoncé pour le 23 octobre