
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Angélique Six, le meurtre de Wambrechies
CRIMES IMPOSSIBLESWambrechies · Quesnoy-sur-Deûle · Lille · Douai
25 avril 2018 · enquête en 2018–2019 · verdict le 19 novembre 2021
David Ramault condamné à perpétuité · 25 ans de sûreté · absence d’appel annoncée
Wambrechies, Nord, 25 avril 2018. Angélique Six quitte son domicile et disparaît dans son quartier. Les recherches conduisent à un ancien voisin, David Ramault, qui reconnaît les faits et indique où retrouver son corps. Le 19 novembre 2021, la cour d’assises du Nord le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité avec vingt-cinq ans de sûreté. Son avocat annonce qu’il ne fera pas appel. L’identité du meurtrier est établie ; restent les questions sur la récidive, les soins et la protection des enfants après une première condamnation.
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Angélique disparaît le 25 avril 2018 ; son corps est retrouvé le 29 avril.
- La justice
- David Ramault reçoit la perpétuité avec 25 ans de sûreté le 19 novembre 2021.
- La question restante
- Le procès pose la question du suivi après sa première condamnation de 1996.
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1. Le quartier familier devient lieu de recherche
Le 25 avril 2018, Angélique sort dans le quartier de l’Agrippin, à Wambrechies, près de Lille. Elle doit rejoindre des amies autour d’un petit parc. Son absence inquiète rapidement ses proches. Les comptes rendus du procès la présentent comme âgée de 12 ans ; de nombreux premiers articles indiquent 13 ans. Le dossier retient l’âge donné en 2021 par RTL et l’association L’Enfant Bleu, tout en signalant cette divergence documentaire. [1] [2] [3]
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2. La famille donne l’alerte
Les proches participent aux recherches et diffusent un appel sur les réseaux sociaux. Un garçon affirme avoir aperçu Angélique suivre un homme qu’elle semble connaître. Rapporté par l’avocate de la famille, ce témoignage aide à orienter l’enquête. La police doit le confronter aux personnes présentes dans le quartier, à leurs déclarations et aux autres éléments disponibles. [1]
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3. Le fichier et le nom d’un ancien voisin
La consultation du fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, le FIJAIS, fait apparaître David Ramault. Il habite le secteur et connaît la famille, dont il a été voisin. Le fichier offre une piste concrète aux enquêteurs ; une inscription ne prouve cependant pas l’implication dans un nouveau crime. Ce sont les vérifications sur l’homme, puis ses déclarations et les constatations matérielles, qui font progresser l’affaire. [3]
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4. Le 28 avril, l’arrestation et les aveux
David Ramault, chauffeur de bus et âgé de 45 ans, est interpellé trois jours après la disparition. Il reconnaît avoir enlevé, violé et tué Angélique. Il conduit ensuite les policiers vers un bois de Quesnoy-sur-Deûle, commune voisine de Wambrechies. Les aveux transforment la direction des recherches. Leur valeur tient aussi à la possibilité de vérifier une indication précise : l’endroit où se trouve la victime. [1] [4]
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5. La découverte et les constatations
Le corps d’Angélique est retrouvé le 29 avril. Le lendemain, le procureur de Lille rend compte de l’autopsie : les constatations sont compatibles avec les violences reconnues par le suspect et confirment une mort provoquée. Le dossier n’a pas besoin d’en détailler les lésions pour expliquer cette étape. La découverte établit le décès ; l’examen médico-légal apporte une vérification distincte du seul récit de Ramault. [4] [5]
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6. Une instruction malgré les aveux
Dans la nuit du 30 avril au 1er mai, Ramault est mis en examen et placé en détention provisoire. Les poursuites portent sur la séquestration, le viol et le meurtre d’une mineure de moins de quinze ans. L’instruction se poursuit : reconnaître les faits ne dispense ni de les préciser ni d’examiner la personnalité de leur auteur. [5] [6]
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7. Revenir sur les lieux en mai 2019
Le 24 mai 2019, une reconstitution commence dans le square où Angélique croise Ramault et se poursuit à son domicile. Elle sert à confronter ses explications à la disposition réelle des lieux et aux éléments matériels. Ce travail intervient plus d’un an après les faits. Il ne faut pas le confondre avec une scène vécue sous les yeux d’un narrateur : c’est un acte d’enquête, organisé dans un quartier sécurisé, en présence des parties. [7]
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8. Un précédent qui pèse sur le procès
En 1996, Ramault est condamné à neuf ans de prison pour des infractions commises en 1994, dont le viol d’une mineure. Il est libéré en juillet 2000 sans obligation de soins, selon L’Enfant Bleu. Ce passé devient central dans le débat sur la récidive. Il ne permet pas d’affirmer qu’il commet d’autres crimes pendant les années suivantes : l’absence de condamnations intermédiaires et les interrogations sur son comportement sont deux questions différentes. [3] [8]
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9. Quatre jours devant les assises du Nord
Le procès s’ouvre le 16 novembre 2021 à Douai. Ramault reconnaît les faits dès le début des audiences. Les débats portent sur le crime, sa personnalité et le risque de récidive ; des experts sont entendus. La cour doit fixer une peine après avoir entendu les parties, même lorsque la culpabilité n’est plus contestée par l’accusé. [9] [10]
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10. La protection et les soins en débat
Constituée partie civile, L’Enfant Bleu critique l’absence de traitement obligatoire après la première incarcération. Cette position appartient à une association engagée dans le procès : elle ne constitue pas un jugement condamnant l’État. Au terme des audiences, l’avocate générale requiert la perpétuité avec trente ans de sûreté. Les soins sont également évoqués. Le débat associe ainsi la sanction du crime et la prévention d’un nouveau passage à l’acte. [2] [3]
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11. Le verdict du 19 novembre 2021
La cour d’assises du Nord prononce la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de vingt-cinq ans. Cette durée diffère des trente ans demandés par l’accusation. Elle ne transforme pas la perpétuité en une peine fixe de vingt-cinq ans et n’annonce aucune date automatique de sortie. Le rapport annuel de La Voix de l’Enfant confirme la condamnation pour l’enlèvement, la séquestration, le viol et le meurtre de l’adolescente. [11] [12]
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12. Après le jugement, le souvenir demeure
À la sortie de l’audience, l’avocat de Ramault annonce que son client ne fera pas appel. Les sources consultées ne documentent aucun procès d’appel ultérieur. Pour les proches, le verdict ne met pas fin au deuil. Dès 2019, une association, Le Sourire d’Angélique, porte leur mobilisation et le square doit recevoir le prénom de l’enfant. Ces démarches de mémoire sont distinctes du statut judiciaire de l’auteur et des débats sur les politiques de prévention. [6] [13]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Établi
La disparition, l’arrestation, les aveux et la découverte du corps sont documentés. La condamnation de novembre 2021 est une perpétuité avec 25 ans de sûreté. La défense annonce l’absence d’appel. Une précédente condamnation en 1996 est également établie. [2] [3] [11]
Incertain ou non établi
Le dossier public ne permet pas de décrire les soins réellement suivis aujourd’hui ou une future libération. Les interrogations sur la prévention ne prouvent pas qu’une mesure précise aurait empêché le crime. Aucun autre meurtre n’est attribué ici à Ramault sans décision ou preuve documentée. [3] [13]
Les dates clés
- 1996–2000 Première condamnation à neuf ans ; libération en juillet 2000. [3]
- 25 avril 2018 Angélique disparaît à Wambrechies. [1]
- 28–29 avril 2018 Ramault est interpellé ; ses indications conduisent à la découverte du corps. [4]
- 30 avril–1er mai 2018 Mise en examen et détention provisoire. [5]
- 24 mai 2019 Reconstitution à Wambrechies. [7]
- 16–19 novembre 2021 Procès à Douai et perpétuité avec 25 ans de sûreté. [9] [11]
Les lieux de l’affaire
Wambrechies est le lieu de la disparition et des faits retenus contre Ramault. Quesnoy-sur-Deûle est celui de la découverte du corps. La police judiciaire de Lille conduit les investigations ; les assises siègent à Douai. La photographie du port de Wambrechies situe la commune sans désigner un lieu du crime. [1] [4] [9]
Ce qui rend cette affaire singulière
L’enquête articule un témoignage local, un fichier judiciaire et des aveux vérifiables par une découverte. Le dossier met aussi en évidence la différence entre repérer rapidement un suspect déjà condamné et prévenir un nouveau crime. La première fonction est documentée ; l’efficacité de mesures qui auraient pu être prises reste une question de débat. [1] [3]
Sources et méthode
Sources contemporaines de l’enquête, comptes rendus du procès et documents d’associations parties civiles recoupés. L’âge de 12 ans retenu dans les comptes rendus de 2021 diffère des 13 ans indiqués par de nombreux articles de 2018. L’absence d’appel repose sur l’annonce publique de la défense ; aucune décision ultérieure contradictoire n’est retrouvée. Le dossier ne prétend pas disposer du registre des recours ou de l’arrêt intégral. Vérification documentaire : 30 septembre 2026.
- RTL — Le témoignage et l’identification du suspect
- RTL — Verdict et absence d’appel, 19 novembre 2021
- L’Enfant Bleu — Communiqué de la partie civile, 5 novembre 2021
- La Dépêche / AFP — Conférence du procureur, 30 avril 2018
- TF1 Info — Mise en examen et hommage, 1er mai 2018
- Le Parisien — Entretien avec les proches un an après, 27 avril 2019
- Radio Contact — Reconstitution, 24 mai 2019
- RTL — Le passé judiciaire de Ramault, rétrospective de 2024
- Wéo / La Voix du Nord — Suivi des audiences du 16 au 19 novembre 2021
- Le Parisien — Ouverture du procès, 16 novembre 2021
- Wéo — Compte rendu du verdict, 19 novembre 2021
- La Voix de l’Enfant — Rapport annuel 2021, compte rendu de l’affaire
- Europe 1 — Réactions et annonce de la défense, 19 novembre 2021