
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Angélique Dumetz : l’ADN et l’enquête
CRIMES IMPOSSIBLESCompiègne, Chevrières et Senlis, Oise
Meurtre en 1996 ; identification génétique en 2011 ; non-lieu en 2015
Homme identifié décédé ; dernier mis en examen bénéficiaire d’un non-lieu
Compiègne, 13 octobre 1996. Angélique Dumetz, dix-neuf ans, est retrouvée morte en forêt après une soirée en discothèque. Les enquêteurs disposent de traces biologiques, mais aucun nom ne correspond au profil recherché. Sa mère, Marie-Pierre Mazier, réclame des moyens pour identifier les auteurs de crimes sexuels. Quinze ans plus tard, une plainte pour violences conjugales permet enfin un rapprochement génétique. L’homme identifié, José Mendes Furtado, vient pourtant de mourir après avoir tué son épouse. De nouvelles expertises renforcent ensuite le lien avec le meurtre d’Angélique. L’enquête aboutit à une identification, sans procès de cet homme et sans réponse complète sur les circonstances de la nuit du crime.
L’affaire en 30 secondes
- Le crime
- Angélique est retrouvée morte le 13 octobre 1996 en forêt de Compiègne.
- La preuve
- En mai 2011, un rapprochement ADN identifie José Mendes Furtado.
- La justice
- Déjà décédé, l’homme identifié ne sera pas jugé. Le dernier mis en examen obtient un non-lieu en 2015.
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1. Une soirée, puis la disparition
Étudiante, Angélique revient dans l’Oise pour un anniversaire. Dans la nuit du 12 au 13 octobre 1996, elle fréquente le City Hall, une discothèque de Compiègne. Elle repart seule. La découverte de son corps, en forêt, ouvre une enquête pour un crime commis au cours de cette nuit. [1] [2]
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2. Des traces qui ne donnent pas encore de nom
Les prélèvements médico-légaux établissent un profil génétique masculin. Les enquêteurs recueillent également des objets près du corps. Ils possèdent ainsi des éléments susceptibles d’être comparés à ceux d’un suspect, sans savoir à qui ils appartiennent. La conservation de cette matière devient décisive : la trace existe dès 1996, mais son identification dépendra d’un prélèvement beaucoup plus tardif. [2]
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3. Une mère transforme l’attente en mobilisation
Marie-Pierre Mazier refuse que l’affaire de sa fille disparaisse de l’attention publique. Avec l’association Angélique, un ange est passé, elle défend les droits des victimes et le développement des comparaisons génétiques. Ce combat accompagne les transformations de la police scientifique. [2] [8]
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4. Une mise en examen qui ne sera pas une condamnation
En 2001, Fernando Gomes Ferreira entre dans le dossier. Ses déclarations, puis ses contradictions et rétractations, nourrissent les investigations. Il passe dix-huit mois en détention avant d’être libéré en avril 2003. Cette séquence restera une impasse judiciaire. Les propos recueillis ne permettront pas d’établir sa participation au crime ; il bénéficiera finalement d’un non-lieu. [3] [7]
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5. La longue attente d’une correspondance
L’existence du Fichier national automatisé des empreintes génétiques change les possibilités de comparaison. Mais un profil conservé ne produit un nom que si un élément de référence exploitable peut lui être rapproché. Pendant des années, les analyses ne livrent pas l’identité recherchée. [2] [4]
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6. 2011 : une plainte dans une autre affaire
Au début de 2011, Alice, l’épouse de José Mendes Furtado, porte plainte pour violences conjugales. L’homme est entendu et un prélèvement génétique est effectué. Ce dossier distinct crée la possibilité d’une comparaison avec les traces anciennes. Le médecin légiste Bernard Marc, qui a reçu Alice en consultation, reviendra sur cet enchaînement dans son témoignage publié par Egora en 2024. [2] [5]
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7. La mort d’Alice, puis celle de son mari
Le 8 mars 2011, José Mendes Furtado tue son épouse à Chevrières avant de se donner la mort. Au moment où le rapprochement avec Angélique devient public, il ne peut donc plus être interrogé. Alice doit être considérée comme une victime à part entière : sa plainte a permis le prélèvement, mais elle n’a pas empêché les nouvelles violences mortelles exercées contre elle. [5]
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8. Mai 2011 : le profil correspond
Les autorités annoncent en mai 2011 que l’ADN de José Mendes Furtado correspond aux traces retrouvées sur Angélique. Il vivait à Compiègne et travaillait comme maçon. L’identification du violeur ne repose plus sur un portrait, une dénonciation ou un aveu fluctuant, mais sur une comparaison génétique. Reste alors à préciser son implication dans l’ensemble de la scène criminelle. [4] [5]
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9. 2012 : le rapprochement autour du couteau
Une nouvelle étape est rapportée en décembre 2012. Des expertises permettent de rapprocher l’arme utilisée contre Angélique de celle du meurtre d’Alice. Le Parisien présente cette conclusion comme l’élément reliant désormais l’homme identifié par l’ADN à l’homicide de 1996. Cette avancée complète les résultats biologiques ; elle ne peut toutefois déboucher sur sa comparution, puisqu’il est mort. [6]
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10. 2015 : la fin des poursuites contre le dernier suspect
L’ordonnance du 29 janvier 2015 prononce un non-lieu pour Fernando Gomes Ferreira. Le compte rendu publié le 6 février précise que les éléments matériels ont été jugés insuffisants pour poursuivre celui qui avait été soupçonné de complicité. Les réquisitions du parquet, annoncées dès 2014, ne doivent pas être confondues avec cette décision du juge. Aucune culpabilité de cet homme n’est établie. [7] [9]
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11. Une association mise en sommeil
Au printemps 2015, l’association Angélique, un ange est passé, met fin à son activité régulière après des années de mobilisation. Pour les proches, la clôture du dossier ne signifie pas que toutes les questions ont trouvé leur réponse. Les démarches collectives avaient entretenu le souvenir d’Angélique et porté un combat pour les victimes. Leur arrêt marque aussi l’épuisement d’une attente de dix-neuf ans. [8]
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12. Identifier sans pouvoir entendre
Cette affaire offre un dénouement scientifique et un aboutissement judiciaire distincts. L’ADN a permis une identification, d’autres expertises ont renforcé le lien avec le meurtre, mais l’homme concerné n’a pas répondu devant une cour d’assises. Son décès laisse sans récit contradictoirement examiné la rencontre, le déroulement précis de l’agression et le mobile. Ces lacunes ne peuvent être remplacées par une scène reconstituée. [1] [6] [7]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
Angélique Dumetz est retrouvée morte en octobre 1996. Un rapprochement génétique identifie José Mendes Furtado en 2011, après son décès. Les expertises relatées en 2012 renforcent le lien avec le meurtre. Fernando Gomes Ferreira bénéficie d’un non-lieu par ordonnance du 29 janvier 2015 ; il n’a pas été condamné dans cette affaire.
Incertain ou non établi
Les circonstances exactes de la rencontre et l’enchaînement des violences n’ont pas été éclaircis au cours d’un procès du principal homme identifié. Son mobile ne peut être affirmé à partir de suppositions sur son comportement. Le non-lieu du dernier mis en examen interdit de présenter sa complicité comme un fait acquis.
Les dates clés
- 12–13 octobre 1996 — Soirée au City Hall et mort d’Angélique à Compiègne.
- 2001 — Mise en cause de Fernando Gomes Ferreira.
- Avril 2003 — Libération de ce dernier après dix-huit mois de détention.
- Début 2011 — Prélèvement génétique de José Mendes Furtado dans une affaire de violences conjugales.
- 8 mars 2011 — Meurtre d’Alice puis mort de son mari.
- Mai 2011 — Annonce de l’identification génétique.
- Décembre 2012 — Publication du résultat des expertises concernant l’arme.
- 29 janvier 2015 — Ordonnance de non-lieu pour le dernier mis en examen.
- Avril 2015 — Mise en sommeil de l’association Angélique.
Les lieux de l’affaire
Compiègne rassemble le lieu de la soirée, l’environnement familial et la forêt où Angélique est retrouvée. Chevrières est lié au meurtre d’Alice en 2011. Senlis correspond au suivi judiciaire et à l’ordonnance de non-lieu. La photographie du château situe la ville ; elle ne représente ni la discothèque, ni la scène du crime, ni un lieu fréquenté par la victime au cours de cette nuit.
Ce qui rend cette affaire singulière
La résolution dépend ici d’une trace ancienne et d’un prélèvement provoqué par une autre plainte, quinze ans plus tard. L’innovation ne remplace pas les gestes initiaux : sans conservation des indices, la comparaison aurait perdu son support. L’affaire montre également qu’une identification peut arriver après la disparition de celui qui aurait dû répondre aux questions, laissant les proches avec une vérité seulement partielle.
Sources et méthode
Les annonces contemporaines distinguent l’identification génétique de 2011, les expertises de 2012 et la décision judiciaire de 2015. Le témoignage du légiste apporte le contexte médical. Le mobile et les scènes non documentées ne sont pas reconstitués. Les sources divergent sur le mois du prélèvement de 2011 ; seul le début de l’année est retenu. Vérification documentaire : 24 septembre 2026.
- Le récit de l’enquête et la clôture — RTL, L’Heure du crime, 2023
- Le témoignage du médecin légiste Bernard Marc — Egora, 23 septembre 2024
- Le parcours du second homme mis en cause — Le Parisien, 21 mai 2011
- L’annonce du rapprochement génétique — 20 Minutes, 19 mai 2011
- L’identification et les violences contre Alice — Le Parisien, 20 mai 2011
- Les expertises concernant l’arme — Le Parisien, 27 décembre 2012
- L’ordonnance de non-lieu du 29 janvier — Le Parisien, 6 février 2015
- La mise en sommeil de l’association — Le Parisien, 26 avril 2015
- Les réquisitions du parquet — Le Parisien, 7 janvier 2014