À Roquecourbe, les maisons et le clocher bordent l’Agout, vus depuis un pont à rambarde verte fleurie.
Roquecourbe, dans le Tarn : vue depuis le pont sur l’Agout. Photographie de contexte géographique.Photo : Jcb-caz-11 / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 · Source · CC BY-SA 4.0. Photographie réelle conservée en entier, redimensionnement et conversion WebP sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Amandine Estrabaud : disparition et procès

DISPARITIONS

Roquecourbe et Castres, Tarn ; Albi ; Toulouse ; Montauban

Disparition en 2013 ; procès de 2020 à 2024 ; condamnation définitive en 2025

Guerric Jehanno condamné définitivement à trente ans ; corps non retrouvé

Roquecourbe, 18 juin 2013. Amandine Estrabaud rentre de son travail à Castres, puis disparaît. Elle a trente ans et vient de s’installer dans une maison du hameau de Cantegaline. Les recherches ne permettent pas de retrouver son corps. Des témoignages, un véhicule aperçu et des confidences rapportées en prison conduisent pourtant un homme devant les assises : Guerric Jehanno, un maçon qui la connaît. Il nie les faits. Après trois procès et une première cassation, sa condamnation à trente ans de réclusion devient définitive en février 2025. Le verdict répond à la question de la responsabilité pénale, tandis que les proches attendent encore de savoir où se trouve Amandine.

L’affaire en 30 secondes

La disparition
Amandine Estrabaud disparaît le 18 juin 2013, après son retour de Castres vers Roquecourbe.
La justice
Guerric Jehanno est condamné à trente ans de réclusion. Son dernier pourvoi est rejeté le 5 février 2025.
La question restante
Le corps n’a pas été retrouvé dans les sources consultées. Les circonstances complètes restent inconnues.

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1. De Castres au hameau de Cantegaline

Le 18 juin 2013, Amandine quitte le lycée Anne-Veaute de Castres, où elle travaille comme assistante d’éducation. Elle doit rejoindre sa maison de Roquecourbe, à une dizaine de kilomètres. Son retour en auto-stop figure dans les récits de l’enquête. [7] [9]

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2. Une maison ouverte et des effets retrouvés

Au domicile, une chaussure et une boucle d’oreille retrouvées à l’extérieur attirent l’attention. Des papiers sont restés sur place. Ces constatations orientent les recherches vers une disparition subie. Elles ne livrent cependant ni le déroulement complet d’une agression ni l’identité de son auteur. [1] [2]

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3. Le témoignage du fourgon blanc

Une voisine dit avoir vu Amandine devant chez elle, descendant d’un fourgon blanc avec un homme qu’elle semble connaître. Ce témoignage fixe une piste de véhicule et de rencontre. Guerric Jehanno travaille alors sur un chantier du secteur et peut utiliser un fourgon similaire. Ce rapprochement intéresse les enquêteurs, mais la ressemblance d’un véhicule ne constitue pas, isolément, une identification certaine. [7]

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4. Plusieurs années de vérifications

Les gendarmes explorent de nombreux profils et recueillent des centaines de déclarations. La Dépêche rapporte en 2016 environ 250 personnes interrogées. Jehanno est entendu une première fois en 2014, puis relâché. L’enquête reprend son emploi du temps, ses possibilités de déplacement et les témoignages de son entourage. Sa mère signale notamment un récit étrange de son fils. Ces vérifications s’additionnent sans permettre de retrouver Amandine. [1] [7]

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5. La mise en examen d’avril 2016

Le 8 avril 2016, Guerric Jehanno est mis en examen pour enlèvement et séquestration, puis placé en détention provisoire. Il conteste toute implication. À cette date, la procédure ne constitue pas encore un jugement sur sa culpabilité : elle ouvre une nouvelle phase d’instruction. Les magistrats vont examiner des déclarations supplémentaires et les rapprocher du dossier déjà constitué depuis la disparition. [3]

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6. Les confidences rapportées en prison

Des codétenus déclarent ensuite que Jehanno leur a parlé d’un crime et du lieu où un corps aurait été caché. Sa défense soutient qu’il a inventé ce récit pour qu’on le laisse tranquille. Les recherches ne retrouvent pas le corps à partir de ces indications. La portée de ces propos devient un enjeu majeur : ils sont rapportés par des tiers et contestés, ce qui impose de discuter leur origine, leur précision et leur cohérence. [4]

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7. La première condamnation à Albi

En octobre 2020, la cour d’assises du Tarn condamne Jehanno à trente ans de réclusion pour les crimes retenus contre lui, dont le viol et le meurtre d’Amandine. L’accusé maintient ses dénégations. La défense critique un dossier sans corps et sans preuve matérielle décisive à ses yeux. L’accusation s’appuie sur la convergence des indices et des témoignages. Le premier verdict intervient plus de sept ans après la disparition. [5]

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8. Le procès en appel de 2021

À Toulouse, en novembre 2021, les débats opposent à nouveau deux lectures du même ensemble d’éléments. L’avocat général soutient notamment un crime d’opportunité, commis après une rencontre avec Amandine, et requiert trente ans. La cour d’assises d’appel prononce cette peine. Les avocats de Jehanno se pourvoient en cassation. [6] [7]

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9. Pourquoi un troisième procès ?

En juin 2022, la Cour de cassation annule l’arrêt d’appel pour un vice de procédure. Les comptes rendus évoquent une rédaction défectueuse de la décision. Cette annulation ne vaut pas acquittement et ne signifie pas qu’un autre auteur a été identifié. Elle oblige à reprendre le jugement devant une nouvelle cour. Pour les proches, la conséquence est concrète : il faut affronter à nouveau les audiences et l’examen de la disparition. [7]

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10. Le verdict de Montauban en 2024

Le troisième procès se tient en janvier 2024 devant la cour d’assises du Tarn-et-Garonne. Le 26 janvier, Jehanno est de nouveau condamné à trente ans de réclusion. Il reste sur ses dénégations. Malgré les débats repris et les éléments passés au crible, la localisation du corps demeure inconnue. La cour statue sur les faits et leur attribution ; son verdict ne fournit pas toutes les réponses matérielles attendues par la famille. [8]

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11. Le rejet du pourvoi en 2025

Le 5 février 2025, la Cour de cassation rejette le nouveau pourvoi de Guerric Jehanno. La condamnation devient définitive. Les trois audiences ont abouti à la même peine, mais leurs décisions ne s’additionnent pas : il ne s’agit pas de trois peines de trente ans. La dernière condamnation subsiste au terme du contrôle exercé sur elle. [9]

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12. Une autre trace judiciaire en 2026

Une annonce légale publiée le 19 mars 2026 reproduit un jugement du tribunal judiciaire de Castres daté du 12 décembre 2025. Ce jugement déclare l’absence d’Amandine Estrabaud, qui n’a pas reparu depuis juin 2013. Il relève d’un volet civil distinct de la condamnation criminelle. La date de publication de cette annonce ne doit donc pas devenir, dans le récit de l’affaire, celle d’une découverte du corps ou d’un nouveau décès constaté. [10]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Guerric Jehanno a été condamné à trente ans de réclusion et son dernier pourvoi a été rejeté en février 2025. Les dates des trois procès et de la cassation intermédiaire sont documentées. L’annonce légale de 2026 porte sur une déclaration d’absence, dans une procédure distincte.

Incertain ou non établi

Le corps d’Amandine n’a pas été retrouvé dans les sources retenues. Les circonstances détaillées du crime et le lieu où il a été dissimulé restent inconnus. Les confidences rapportées en détention ont été contestées par la défense ; elles ne sont pas présentées ici comme un récit intégralement vérifié.

Les dates clés

  1. 18 juin 2013 — Disparition à Roquecourbe.
  2. Avril–juin 2016 — Mise en examen, détention et extension des accusations.
  3. Octobre 2020 — Première condamnation à Albi.
  4. Novembre 2021 — Même peine prononcée en appel à Toulouse.
  5. Juin 2022 — Annulation de l’arrêt d’appel.
  6. 26 janvier 2024 — Troisième condamnation, à Montauban.
  7. 5 février 2025 — Rejet du pourvoi ; condamnation définitive.
  8. 19 mars 2026 — Publication d’un jugement civil de déclaration d’absence.

Les lieux de l’affaire

Castres est le point de départ du dernier trajet connu. Roquecourbe et le hameau de Cantegaline concentrent les recherches autour du domicile et des témoignages. Albi, Toulouse puis Montauban correspondent aux trois cours d’assises successives. Ces villes racontent le déplacement de la procédure, tandis que le lieu où le corps a été caché reste absent de la carte.

Ce qui rend cette affaire singulière

Ce dossier montre qu’une disparition peut conduire à une condamnation criminelle sans que le corps soit retrouvé. Il révèle aussi les limites d’une issue judiciaire : la responsabilité pénale peut être fixée alors que la famille ne dispose toujours pas d’un lieu de recueillement. La succession des recours explique sa durée, sans effacer l’attente des proches.

Sources et méthode

Les comptes rendus d’audience sont distingués des articles rédigés pendant l’instruction. Certains récits anciens comportent des écarts de date ou d’âge ; la disparition du 18 juin 2013 à trente ans est retenue, conformément aux sources judiciaires et chronologiques concordantes. Les déclarations de la défense et de l’accusation sont attribuées. Le jugement civil publié en 2026 est lu directement dans son annonce légale. Vérification documentaire : 23 septembre 2026.

  1. La Dépêche du Midi — les éléments de l’enquête, 14 décembre 2016
  2. RTL — les débuts de l’enquête et les débats judiciaires, janvier 2024
  3. Le Parisien — mise en examen pour enlèvement et détention, 22 avril 2016
  4. TF1 Info — confidences rapportées par un codétenu et réponse de la défense, 23 juin 2016
  5. La Dépêche du Midi — première condamnation, 15 octobre 2020
  6. Le Parisien — les réquisitions au procès en appel, 19 novembre 2021
  7. La Dépêche du Midi avec AFP — cassation et ouverture du troisième procès, 22 janvier 2024
  8. La Dépêche du Midi — troisième condamnation, 26 janvier 2024
  9. La Dépêche du Midi — rejet du pourvoi, 5 février 2025
  10. Tribunal judiciaire de Castres — extrait du jugement de déclaration d’absence, publié le 19 mars 2026 dans Le Journal d’Ici