
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Alfredo Stranieri, escroqueries et meurtres
CRIMES IMPOSSIBLESViry-Châtillon, Essonne ; Bez-de-Naussac, Aveyron ; Évry ; Créteil ; Poissy
Crimes en 1997 et 1999 ; procès en 2003 et 2004 ; décès en 2025
Perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté confirmée en appel ; décès le 10 mars 2025
Viry-Châtillon, 13 novembre 1997. Frédéric Adman et Nathalie Girard disparaissent après avoir engagé la cession de leur établissement à Alfredo Stranieri. En 1999, un vendeur de voiture survit à une attaque, puis un second couple disparaît dans l’Aveyron. Les recherches menées après l’arrestation de Stranieri permettent de retrouver les quatre corps. Condamné à perpétuité en 2003, avec une peine confirmée en appel en 2004, il meurt en détention en mars 2025. Reste à comprendre comment les transactions ont masqué ces disparitions successives.
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Deux couples sont assassinés ; Simon Cohen survit à une attaque lors d’une vente de voiture.
- La justice
- Perpétuité et vingt-deux ans de sûreté en 2003, peine confirmée en appel en 2004.
- La question restante
- Comment relier les disparitions assez tôt derrière l’apparence de transactions commerciales ?
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1. Les petites annonces comme point de rencontre
Les affaires commerciales d’Alfredo Stranieri accumulent les échecs avant les crimes. Le dossier judiciaire décrit ensuite un homme qui répond à des annonces pour acquérir des biens dont il n’assure pas réellement le paiement. Cette entrée en relation explique son surnom médiatique. [7][10]
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2. Une discothèque à Viry-Châtillon
Le 7 novembre 1997, Stranieri s’engage dans une opération de reprise du New Love, discothèque de Viry-Châtillon, et du restaurant associé, L’Île aux Lapins. Frédéric Adman et Nathalie Girard en sont les exploitants. Il s’installe dans les lieux alors que la transaction n’est pas achevée. Le 13 novembre, le couple disparaît. L’activité de l’acquéreur apparent se poursuit tandis que les proches cherchent à comprendre pourquoi les vendeurs ne donnent plus de nouvelles. [1][10]
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3. Les proches refusent l’explication d’un départ
Claude Girard, le père de Nathalie, cherche sa fille et multiplie les démarches. Les explications sur un départ du couple ne dissipent pas ses inquiétudes. À l’approche du procès, Claude Girard exprime publiquement sa conviction que l’enquête a perdu un temps précieux. [2][10]
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4. Simon Cohen survit à l’attaque
Le 4 janvier 1999, Simon Cohen rencontre Stranieri à Viry-Châtillon au sujet de la vente de sa Jaguar. Il est blessé par des tirs mais survit. Son témoignage fournit aux enquêteurs un suspect identifiable et un rendez-vous précis. Cet événement ne révèle pas immédiatement le sort du couple du New Love ; il donne toutefois une autre portée à l’utilisation des petites annonces. [1][2]
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5. Une nouvelle transaction dans l’Aveyron
Après l’agression de Simon Cohen, Stranieri gagne l’Aveyron. Sous le prénom de son frère Mario, il s’intéresse à La Bouriatte, une propriété située à Bez-de-Naussac et proposée à la vente par Nicole Rousseau et Claude Mouly. Le couple disparaît en avril 1999. [1][2]
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6. L’arrestation du 7 juillet 1999
Le 7 juillet 1999, les gendarmes arrêtent Stranieri dans l’Aveyron. Les vérifications d’identité permettent de relier l’homme présent à Naussac au suspect recherché pour l’attaque contre Simon Cohen. L’enquête peut désormais reprendre ensemble les lieux où il s’est installé. [1][9]
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7. Quatre corps retrouvés en deux jours
Le 19 juillet 1999, les corps de Frédéric Adman et Nathalie Girard sont exhumés sur le terrain du New Love. Le lendemain, ceux de Nicole Rousseau et Claude Mouly sont retrouvés à La Bouriatte. Les disparitions deviennent deux affaires de double homicide. Les découvertes sur des propriétés occupées par Stranieri constituent un élément matériel majeur. [1][3]
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8. Des biens occupés, des paiements contestés
Les enquêteurs étudient les engagements d’achat, les chèques et l’utilisation des moyens de paiement des disparus. L’accusation soutient que Stranieri cherche à prendre possession des biens en supprimant leurs propriétaires. La présence des corps et la poursuite de l’occupation des lieux donnent à ces traces financières un sens différent de celui d’un simple litige commercial. Au procès, la défense contestera néanmoins la force de plusieurs éléments matériels et l’interprétation qui en est faite. [2][7][10]
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9. Le renvoi et les demandes de la défense
En novembre 2001, l’instruction débouche sur le renvoi de Stranieri devant la cour d’assises de l’Essonne pour quatre assassinats et une tentative d’assassinat. Sa défense demande encore des investigations complémentaires, notamment sur l’agression de Simon Cohen. Le 4 mars 2002, la chambre de l’instruction de Paris rejette cette demande. Cette décision porte sur la poursuite des investigations sollicitées ; le jugement de la culpabilité appartient ensuite à la cour d’assises. [3][4]
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10. Le procès d’Évry en février 2003
Du 18 au 28 février 2003, les assises de l’Essonne examinent les cinq faits criminels. Stranieri nie les quatre assassinats. Pour les tirs contre Simon Cohen, il invoque la légitime défense. Ses avocats, François-Xavier Berger et Marc-Héber Suffrin, plaident les insuffisances qu’ils estiment trouver dans le dossier. Le 28 février, la cour le déclare coupable et prononce la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de vingt-deux ans de sûreté. [2][5]
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11. La condamnation confirmée en 2004
Le procès en appel se tient en mars 2004 devant la cour d’assises du Val-de-Marne, à Créteil. L’accusation requiert à nouveau la perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté. La peine est confirmée, comme le rappellent les comptes rendus rétrospectifs. Les dénégations persistantes du condamné ne modifient pas le résultat de la procédure. [6][7]
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12. Le décès en détention en mars 2025
Alfredo Stranieri meurt le 10 mars 2025 à l’hôpital de Poissy, alors qu’il est toujours détenu. TF1 Info annonce son décès le lendemain ; les données publiques de décès reprises par Libra Memoria confirment la date du 10 mars. Il ne faut donc pas confondre le jour du décès et celui de sa médiatisation. L’affaire a une issue pénale établie, mais le décès ne fournit pas les explications personnelles qu’attendaient encore les proches sur l’enchaînement des crimes. [8][11]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
La justice a retenu quatre assassinats et une tentative d’assassinat. Les quatre corps ont été retrouvés en juillet 1999 dans les propriétés concernées. Les deux procès ont conduit à la perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté. Le décès du 10 mars 2025 est documenté par la presse et les données publiques de l’état civil.
Incertain ou non établi
Le dossier présenté ici ne restitue pas chaque acte de l’instruction ni chaque mouvement d’argent. Stranieri a contesté les assassinats, sans obtenir d’acquittement. Les reproches des familles sur la conduite initiale des recherches sont des positions attribuées ; ils ne sont pas présentés comme une condamnation judiciaire des enquêteurs.
Les dates clés
- Novembre 1997 — Reprise engagée du New Love, puis disparition de Frédéric Adman et Nathalie Girard.
- 4 janvier 1999 — Attaque contre Simon Cohen à Viry-Châtillon.
- Avril 1999 — Disparition de Nicole Rousseau et Claude Mouly dans l’Aveyron.
- 7 juillet 1999 — Arrestation de Stranieri.
- 19–20 juillet 1999 — Découverte des corps des deux couples.
- 28 février 2003 — Perpétuité et vingt-deux ans de sûreté aux assises de l’Essonne.
- Mars 2004 — Procès en appel dans le Val-de-Marne ; peine confirmée.
- 10 mars 2025 — Décès à l’hôpital de Poissy pendant la détention.
Les lieux de l’affaire
Viry-Châtillon réunit le New Love, la première double disparition et l’attaque contre Simon Cohen. Bez-de-Naussac, dans l’Aveyron, correspond à la propriété de La Bouriatte et au second couple. Évry et Créteil sont les lieux des deux procès. Poissy est celui du décès en détention. La photographie d’Évry est une vue de contexte judiciaire réalisée en 2011, plusieurs années après les audiences.
Ce qui rend cette affaire singulière
Les victimes rencontrent Stranieri dans un cadre commercial ordinaire. Le basculement criminel se dissimule derrière des promesses d’achat et l’occupation des biens. La survie de Simon Cohen introduit un témoignage direct dans cet ensemble de disparitions. Le rapprochement de deux départements et la découverte des corps donnent ensuite à la justice les moyens d’examiner une série plutôt que des absences isolées.
Sources et méthode
La chronologie est reconstruite à partir des articles contemporains de l’enquête et des procès, puis recoupée avec les rétrospectives de 2025. Le témoignage ultérieur de l’avocat est identifié comme tel. Les qualifications et les peines proviennent des comptes rendus judiciaires : les arrêts intégraux n’ont pas été consultés. Pour le décès, la date de l’événement est distinguée de celle des articles, avec un contrôle dans les données publiques de l’Insee reprises par Libra Memoria. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.
- Le Parisien — chronologie des faits, 17 janvier 2003
- La Dépêche du Midi — ouverture du procès et position de la défense, 17 février 2003
- Le Parisien — renvoi devant la cour d’assises, 16 novembre 2001
- Le Parisien — rejet d’une demande d’actes d’enquête, 5 mars 2002
- Le Monde avec AFP et Reuters — verdict du 28 février 2003
- La Dépêche du Midi — réquisitions au procès en appel, 19 mars 2004
- Le Parisien — parcours criminel et confirmation de la peine en appel, 11 mars 2025
- TF1 Info — décès à Poissy le 10 mars 2025, article du 11 mars
- La Dépêche du Midi — témoignage de l’avocat François-Xavier Berger, 14 mars 2025
- RTL — les transactions et la disparition des vendeurs, rétrospective de 2022
- Libra Memoria — décès d’Alfredo Stranieri le 10 mars 2025, données publiques de l’Insee